En 2001, les pays sud-américains du Mercosur subissaient une grave crise économique et sociale. En réponse à cette situation, la Tribu s’est créée deux ans plus tard à Paris, avec deux idées-force complémentaires : des séjours culturels en Amérique latine, vecteurs d’échanges entre citoyens du Nord et du Sud, et l’intégration durable de personnes issues de la diaspora latino-américaine sur le marché français du travail (voir encadré). L’association a donc développé un réseau d’information et d’échanges afin de faciliter les contacts entre hôtes et voyageurs.
Concrètement, la Tribu l’Autre Sud favorise la mise en relation directe entre les citoyens des deux continents via son site Internet. Sur celui-ci, des hôtes associés proposent leur offre d’hébergement, avec descriptif, tarifs et photos. Ils s’engagent afin d’assurer un accueil original et de qualité aux voyageurs.
Ainsi, les adeptes d’un tourisme différent peuvent entrer en relation sans intermédiaire avec l’hôte d’une copropriété familiale dans la vallée de Tumbaco en Equateur, ou avec des familles des communautés Quechua et Aymara qui possèdent des cabanes sur l’Altiplano bolivien. La Tribu répond aussi à des demandes précises pour organiser un voyage un peu particulier, comme par exemple celui d’une famille partie sillonner l’Amérique du sud en camping car pendant un an.
Lq Tribu inscrit son action dans une démarche de développement local et durable, en permettant à ces hôtes identifiés en Amérique latine de profiter pleinement des bénéfices du tourisme, en valorisant activités touristiques, ressources culturelles et naturelles. Avec comme objectif de contribuer à pérenniser des emplois et à améliorer les conditions de vie des populations locales. Les touristes ne sont pas considérés comme tels, mais aussi comme des hôtes, dont les échanges avec les habitants permettront de tisser des liens de solidarité et d’amitié. Jean-Michel et Cécile Lichtenberger, membres fondateurs de la Tribu, expliquent : « Cette approche redonne au voyage sa dimension bilatérale. Celle-ci doit être son essence même, alors que si souvent, le voyage est unilatéral, du voyageur au visité. Or il nous semble que le voyage commence lorsque le voyageur rencontre l’autre, lorsqu’il est confronté à l’altérité. »
Une copropriété familiale dans la vallée de Tumbaco en Equateur
Les bienfaits de ce « voyage-échange » n’ont pas tardé à se faire remarquer. Ainsi, dans le Nordeste du Brésil, une posada d’un village de pêcheurs accueille des voyageurs. Cela a soutenu la création d’emplois tenus par des femmes, tandis que les voyageurs fréquentent les deux restaurants du village, approvisionnés par les pêcheurs. « La pêche reste l’activité principale du village, le tourisme n’étant qu’un complément. » rapporte Clarisse Krasa, vice-présidente de la Tribu. Un juste prix des échanges et une relation pas seulement pécuniaire entre le touriste et son hôte, permettent donc de développer une autre façon de voyager et de découvrir d’autres pays, d’autres cultures, d’autres individus...
Association La Tribu
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