Simplicité volontaire

« La simplicité volontaire, pour sa part, est une voie qui convient à ceux qui ont connu la surconsommation, ont pris conscience de ses effets et choisissent de retourner à l’essentiel. Il ne faut pas confondre simplicité volontaire et pauvreté ; cette dernière vient de circonstances qui sont imposées et la condition qui en résulte est pénible. Quand on choisit volontairement de vivre sobrement, il en va tout autrement. On ne vit pas de frustration, puisqu’on ne se prive pas d’un bien, mais on choisit plutôt de le remplacer par une autre chose qui apporte davantage. Ce dépouillement laisse plus de place à la conscience ; c’est un état d’esprit qui convie à apprécier, à savourer, à rechercher la qualité ; c’est renoncer aux objets qui alourdissent, gênent et empêchent d’aller au bout de ses possibilités. Ce n’est pas la richesse qui fait obstacle à la libération, mais l’attachement à la richesse. [...]

Choisir de ne pas utiliser tel service, de ne pas céder à telle mode, de consommer autrement et à moindre coût, tout cela relève des actes de lucidité et de conscience et non de la fatalité. […]

Simplicité n’est pas non plus ascétisme ; c’est même son antithèse. […]

La peur s’avère sans doute l’obstacle le plus important à un engagement franc dans la simplicité volontaire. Peur de ce que les autres penseront quand ils nous verront nous éloigner de la « grande vie », peur d’être marginalisés, insécurité surtout quant à l’avenir. […]

Se changer soi même et modifier ses comportements est la tâche primordiale qui incombe à chacun et que personne d’autre ne peut réaliser à sa place ».

MONGEAU Serge, (2005), La simplicité volontaire, plus que jamais, Ecosociété, Montréal, chapitre XV.

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