Des bijoux réalisés à partir d’emballages de baguette, des costumes d’arbres ou encore des instruments de musique en conserves, l’imagination de Déchets d’arts déborde autant que nos poubelles de recyclage. L’association, lancée en 2006, utilise des matériaux de récupération pour créer des objets originaux et uniques. À l’origine de cette initiative, deux amies, Anne-Dominique Gaté, plasticienne, et Nicole Olier, ingénieur à l’aménagement du territoire suivies par une vingtaine de professionnels des arts et du spectacle : plasticiens, stylistes, comédiens, musiciens, facteur d’instruments photographe, graphiste, magicien, ,... « Il s’agissait de mutualiser les savoir-faire complémentaires de ces professionnels dans le cadre d’ateliers de sensibilisation à la réutilisation artistique des déchets. » explique Anne-Dominique Gaté, qui fait du contenu des poubelles jaunes de recyclage la matière première de ses créations.

Les premiers ateliers ont été organisés auprès de collégiens du Vexin (Val d’Oise), en partenariat avec l’association B.a.-ba, qui sensibilise les jeunes à l’environnement, d’autres ateliers suivent sur Saint Denis. « Nous voulons susciter chez les enfants un autre regard sur les déchets, et ainsi toucher leurs parents et peut-être découvrir de potentiels talents. »
Fabriquer pour insérer
Au printemps 2007, Déchets d’arts a conçu un porte-documents pour un colloque organisé à Saint-Denis par le programme européen Equal, soutien de l’association. Réalisés à partir d’affiches de cinéma sur bâches, ces porte-documents ont été manufacturés par l’atelier d’insertion Femmes Actives. « L’idée est de concevoir des prototypes et d’en confier la fabrication à des structures d’insertion ou à des talents repérés sur le territoire. ». Vu son succès immédiat, cet objet a été le premier à être développé commercialement par Déchets d’arts, en direction des entreprises. Une commercialisation rendue possible par l’appui financier de Plaine Commune, communauté d’agglomérations de Seine-Saint-Denis.
L’association développe d’autres prototypes d’objets, comme une quinzaine de modèles de bijoux, constitués par exemple à partir de conserves et de vison récupérés. Elle recherche donc des savoir-faire dans les domaines de la couture, du travail du cuir, du métal ou du verre. Les différents acteurs de l’insertion et de la solidarité de Seine-Saint-Denis l’aident dans cette prospection, comme REALISE, le Réseau associatif local pour l’innovation et la solidarité pour l’emploi.
Valoriser les savoir-faire
Les collectivités locales s’intéressent également aux actions de Déchets d’arts. Plaine Commune a ainsi financé un atelier de sensibilisation « Habit(ant)s d’arbres » avec les jeunes du centre socio-culturelLa Source-Les Presles d’Epinay, qui ont réalisé des arbres artificiels à partir de matériaux de récupération. L’occasion de les sensibiliser et de leur apprendre des savoir-faire, encadrés par des membres de l’association. Celle-ci a également organisé des ateliers de créations de costumes et d’instruments de musique pour le carnaval ou des ateliers de recréation de vêtements.
« Il y a tant de savoir-faire artisanaux, issus de diverses générations ou d’origines, qui ne sont pas utilisés. » déplore Anne-Dominique Gaté. Des savoir-faire mais aussi des idées originales, qui pourraient faire de ces sous-traitants des créateurs. Mais l’activité de production de Déchets d’arts n’est pas encore suffisante pour développer de nouvelles lignes d’objets. Cette activité dépend beaucoup des circuits de distribution dont dispose l’association : aujourd’hui plutôt vers les entreprises que vers le commerce de détail en boutiques. De nouveaux débouchés pourraient exister auprès des particuliers, dans un contexte où la cause environnementale est de plus en plus entendue. À terme, l’association se rêverait bien entreprise solidaire, valorisant autant les matériaux de récupération que les compétences de ses salariés.
Déchets d’arts








