« L’objectif d’un énoncé argumentatif est de convaincre un auditoire de partager l’opinion d’un orateur. […] Nous ne sommes plus dans un énoncé informatif, dont la contrainte est de tout dire d’une situation. […] Nous ne sommes pas non plus dans un énoncé expressif ; il n’y a que très peu de place au ressenti. Il s’agit d’une opinion, à mi–chemin donc entre l’objectivité et la subjectivité. […]
Tout est ici une question d’angle, de « cadrage ». De cette différence de point de vue entre les individus naît l’argumentation comme genre privilégié de la communication. Il s’appuie sur des techniques qui transforment une opinion en argument et qui la transportent ainsi vers l’auditoire en vue de lui faire partager cette opinion. […]
Nos sociétés modernes accordent-elles suffisamment de place à la parole et à la communication argumentative ? On ne cesse de donner la parole aux gens et les médias sont emplis de témoignages, de points de vue, de débats, de confrontations. Mais ce monde bavard engendre-t-il une parole susceptible de changer quoi que ce soit ? »








